28 mars 2010

Un autre tissu africain "le fancy"

Le fancy une étoffe destinée au marché africain imprimée sur une de ses faces par sérigraphie à l’aide de rouleaux cylindriques. Son prix est très abordable.

Au début, sa production se caractérisait par un style purement africain bien vite abandonné au profit d’imitations de wax européens, y compris ceux de l’ancienne production anglaise et hollandaise.

Uniwax_CI

Car en effet, les grossistes détectent sur les marchés les wax les plus appréciés et demandent leur imitation en fancy à l’usine de production locale qui réalise la commande dans des délais très courts. Fréquemment populaire dans plusieurs pays, un dessin peut se décliner dans des teintes différentes car la couleur fait aussi partie de l’expression de la diversité en Afrique.

Il est assez facile de distinguer un véritable wax de son imitation fancy, parce que ce dernier possède une face endroit différente de la face envers, puisqu’il n’est imprimé que sur une seule face. Les motifs de ce textile sont dirigés dans le sens de la chaîne pour paraître dans le sens de la hauteur quand le tissu-pagne est enroulé autour des hanches.

Ainsi un même motif imprimé sur des textiles de qualités différentes permettra à toutes les catégories sociales de l’arborer et d’exprimer son adhésion au message qu’il véhicule (ci-dessus "La vie éternelle").

Si le fancy est le pagne des populations les moins aisées, il est malgré tout porté par des femmes élégantes qui aiment suivre la mode et arborer de nombreuses toilettes.

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23 mars 2010

Wax et Fancy, des pagnes à messages ?

Sans doute parce qu’en Afrique la transmission des événements, de l’histoire et la tradition, du savoir-faire et de l’expérience mais aussi du quotidien se fait depuis toujours et se perpétue oralement.

Les pagnes imprimés d’effigies et/ou de slogans deviennent des supports de communication véhiculant des SIAOmessages sociétaux. Ce sont des outils stratégiques qui sont autant de signes, d’évènements politiques et de propagande, de commémoration, d’emblème aux grandes causes et de mobilisation, de publicité de manifestations culturelles (SIAO  de Ouagadougou) ou sportives.

Mais la fonction la plus intéressante remplie par les motifs des pagnes est celle de transmettre  un langage métaphorique. Il s’agit d’une part, de représentations clairement identifiées mais auxquelles sont liés de secrets desseins, une intention, une déclaration non exprimée verbalement mais clairement signifiée comme l’affirmation de son indépendance ; d’autre part de dessins, eux aussi bien évidents, qui se voient attribués des noms inappropriés en complet décalage avec l’objet représenté et parfois très différent selon le pays oTabouretù l’étoffe est distribué. La représentation du célèbre "tabouret royal ashanti" est appelé siège ancestral au Togo et devient au Burkina Faso le tabouret des femmes sans mari, traduire des prostituées.

A coté des dessins représentés avec réalisme, de nombreux motifs abstraits, plutôt géométriques et volontairement non identifiables forment un répertoire très apprécié des femmes africaines qui s’en emparent et l’utilisent comme un moyen de projeter les réalités de la vie courante et de souligner certains aspects sociaux.

Bien que les européens soient à l’origine de l’iconographie du wax et de sa diffusion dans les différents pays d’Afrique, il est intéressant de constater que c’est sa réappropriation en tant qu’élément africain qui explique la popularité de cette étoffe et sa vulgarisation.

Autour du pagne se développe donc toute une symbolique qu’on peut découvrir en répondant à quelques questions : Comment est-il porté ? Par qui ? A quelle occasion ? Qui l’offre ? A qui est-il offert ? Que veut-il suggérer ou signifier ?

 

 

 

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05 mars 2010

Pour en savoir davantage sur le pagne et le boubou :

SBA propose 2 livres....

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  • SEDUIRE cinq leçons sénégalaises, de Sokhna Fall et Fabien de Cugnac. Ed. Alternatives. - Les photos sont magnifiques, les textes vivants et instructifs, pour les pagnes et les boubous, je vous recommande les leçons 3 et 4, mais toutes les autres leçons son passionnantes.

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  • Le Boubou - c'est chic - Ed. Museum des Kulturen. Basel. - J'ai bien aimé et beaucoup appris.

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14 février 2010

PHOTOS DE BOUBOUS

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Ces quelques photos de boubous ne sont qu'un tout petit aperçu de la façon dont ils sont portés par des femmes et des hommes. Les boubous d'apparat sont toujours en bazin et richement brodés. Mais celles et ceux qui continuent de s'habiller dans la tradition, adaptent leur tenue selon la circonstance, leur activité et selon la mode. Ci-dessus vous pouvez voir Jean-Paul dans son habit traditionnel Mossi et dans sa tenue de chauffeur de taxi.

Vous avez la possibilité de me joindre dans la rubrique "contactez l'auteur" si vous souhaitez quelques précisions sur une des tenues ci-dessus, je vous répondrai avec plaisir. Prochainement je vous montrerai quelques modèles européens. Bonne soirée....

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28 janvier 2010

Les tissus les plus fréquemment cousus par les couturiers africains sont le basin et le wax

B2Le mot basin vient de bombasin lui-même dérivé de l’italien bambagia (coton et bombyx).

Avant qu’elle ne soit fabriquée en France et en Italie, les marchands italiens se sont procurés cette très belle soie damassée à Damas en Syrie. Les tisserands allemands et irlandais apprirent également la technique du damas et utilisèrent d’autres matières, le lin et le coton.

En anglais damask, en allemand damast rappelle bien aussi l’origine d’Orient.En Afrique anglophone, le commerce du damas se dit African brocade qui rappelle le mot italien broccare qui signifie brocher : tisser en formant sur le fond un dessin en relief.Au tout début des années 1800, le français J.M. Jacquard inventa un métier à tisser qui à la différence de ceux jusque là utilisés - ne pouvaient déplacer les fils de chaîne qu’en groupe - permet de diriger la navette au moyen de cartes perforées contrôlant ainsi chaque fil de chaîne.

Tombé dans l’oubli certainement à cause de son prix élevé, ce tissu appelé damas a été très utilisé comme linge de maison dans les familles bourgeoises européennes de la fin 19ème et début 20ème siècle.

Le damas est tissé avec des fils fins obtenus à partir des meilleures qualités de coton non blanchi. Après avoir été blanchi dans un bain d’alcali, le tissu sera plongé dans un autre bain de soude caustique pour redonner aux fibres creuses du coton tout leur gonflant naturel. Il est ensuite lissé à haute pression et haute température par des cylindres et apprêté à la cire, ce qui lui donnera son éclat de soie et le craquant très apprécié des élégantes africaines.

Le damas le plus demandé est le blanc, bien qu’il en existe des teints. Le tissage européen du damas au finissage compliqué est appelé basin riche ou bazin en Afrique francophone. Les meilleures qualités de ce tissu sont toujours fabriquées en Europe et très appréciées en Afrique Occidentale, où elles sont aujourd’hui fort utilisées dans la confection des vêtements. Dès 1980, le damas chinois de qualité inférieure est apparu sur les marchés d’Afrique Occidentale. Le "vrai" damas est devenu un produit de luxe alors que le damas chinois autorise le port du boubou en bazin à tous ceux qui ne pouvaient pas jusque là se l’offrir.

 

 

 

 

bande_pagnesPour les occidentaux le wax est synonyme d’Afrique, les africains eux-mêmes le revendiquent. Inspiré du batik indonésien, le wax est fabriqué en Europe.

Au début du 19ème  siècle, l’Indonésie conquise par les Hollandais devient un centre d’échanges économiques important. Afin de satisfaire les goûts vestimentaires des populations locales, les Hollandais industrialisent la technique du batik à la cire de Java.

Ces étoffes eurent beaucoup de succès auprès de la  population indonésienne jusque vers la fin du 19ème siècle, période à laquelle les artisans locaux mécanisèrent leur fabrication de batiks.

A la recherche de nouveaux marchés, les usines néerlandaises se tournèrent vers l’Afrique.

Le succès de cette fabrication industrielle a incité d’autres pays à fabriquer des batiks imprimés. La Suisse et Italie n’ont pas persévéré, la France a produit dans la région de Mulhouse (groupe Schaeffer) jusque dans les années 1970. Des usines anglaises qui déjà utilisaient la teinte indigo dans la fabrication de leurs étoffes vont l’introduire comme une variante supplémentaire. Les productions des usines Vlisco et ABC ont su conquérir le marché africain en s’adaptant à ses exigences, comme par exemple les dimensions de l’étoffe (taille initiale 36 pouces : 91,5 cm ; taille actuelle standard 48 pouces : 122cm) qui est celle traditionnelle d’un pagne et commercialisation des longueurs 12 yards de long vendu en lot de 6 yards et même au détail 2 yards, et en créant des motifs spécialement destinés aux populations africaines, conformes à leur goût et à leur culture.

Il existe une production africaine de wax faite dans des usines de textiles implantées par les grands groupes européens dans des pays de l’Afrique de l’Ouest.

Depuis l’indépendance, quelques usines se développent et continuent à bien produire, beaucoup ont connu de graves difficultés et certaines ont même définitivement disparu.

A l’heure de la mondialisation, l’Asie concurrence la production africaine de wax en proposant des étoffes de piètre qualité à des prix imbattables.

On distingue ainsi plusieurs qualités de wax : super wax, wax block, wax print, uniwax,  imiwax… Le wax n’est pas forcément choisi pour sa qualité, mais plutôt pour le motif représenté, ce qu’il suppose et aussi sa destination.

Bonne lecture et à une prochaine rencontre SBA

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29 décembre 2009

BONNE ANNEE 2010 à tous mes visiteurs

Réalisée et photographiée par Félicité Akakpo.FA_2_w

Voir d'autres photos ICI et LA

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20 décembre 2009

Les vêtements traditionnels : le pagne et le boubou....

Pagne_FLe pagne est une pièce d’étoffe d’environ 1,80 m de long, dont la largeur peut varier selon qu’il s’agisse d’un pagne tissé ou d’une cotonnade imprimée. C’est l’élément de base du vestiaire féminin et se porte de différentes façons, il s’enroule autour de la taille ou s’attache au-dessus de la poitrine. Il est aussi un des trois éléments de la grande tenue traditionnelle : boubou court ou long, pagne, foulard. Dans la vie quotidienne il tient l’enfant au dos de sa mère.

Aujourd’hui encore le pagne, tissé ou non, occupe une place importante et significative. Ainsi, les cérémonies comme le mariage, sont prétextes à afficher sa parenté, son appartenance à un groupe. Un même tissu pagne est proposé à chacun des membres qui fera coudre le modèle de son choix chez son couturier. Le pagne est également utilisé comme cadeau. Ainsi, recevoir de nombreux pagnes à l’occasion d’une naissance est gage de prospérité pour l’enfant ; il est impossible de laisser partir un mort sans le recouvrir de pagnes, certains tissés expressément pour les funérailles.

Le boubou est connu dans toute l’Afrique, c’est le nom donné à tBoubou_Idout vêtement ou tunique qu’on enfile par la tête. Le boubou est un vêtement masculin, mais dans l’Afrique Occidentale, à l’exception du Nigeria, les femmes le portent aussi.

Pour les hommes un grand boubou complet se compose d’un pantalon, d’une chemise et du boubou proprement dit qui se porte par-dessus les autres vêtements. Il faudra pour confectionner l’ensemble entre 9 et 12 m de tissu - cotonnade, wax ou basin.

Sous leur grand boubou les femmes portent un pagne, dont la teinte tranche le plus  souvent avec celle du boubou, un foulard de tête et parfois un chemisier dans le même textile que le boubou. La réalisation du tout nécessite entre 6 et 9 m de basin ou bien 3 à 4 pagnes.

Le boubou est habituellement cousu dans une étoffe de coton qui peut aller de la simple cotonnade industrielle unie ou imprimée à un très beau basin teinté artisanalement.

Cette tenue qui se caractérise autant par sa simplicité que par son élégance n’est pas un vêtement classique ni quotidien. Ce qui fait le boubou, c’est le tissu et la broderie. Selon ces deux critères, on parlera de boubou riche ou de simple boubou. La qualité de l’étoffe et le soin apporté à la réalisation, de la couture et aux broderies, sont essentiels.

Il en eBoubou_Sxiste de très nombreux modèles qui seront bien différents quant à leurs dimensions, leur coupe, la forme de l’encolure et de la poche et notamment des  motifs brodés. Ces détails peuvent afficher la position sociale et l’appartenance à la religion musulmane.

Les broderies réalisées autour de l’encolure et de la poche ont une tradition très ancienne. Elles servaient autrefois à renforcer la solidité de l’étoffe dans ces parties soumises à l’usure.

Aujourd’hui l’importance et la profusion de broderies mettent en valeur celui qui porte le boubou et lui assurent protection au même titre qu’une amulette dont les motifs magiques sont souvent dessinés sur l’étoffe dans l’espoir superstitieux d’éloigner toutes influence néfastes.

Ainsi les motifs brodés sur les boubous ne sont pas, comme le pensent la plupart d’entre nous, qu’une suite de dessins géométriques esthétiquement arrangés, les spécialistes y reconnaissent un langage étroitement lié à l’Islam.

Pourtant nombreuses sont les personnes qui même en Afrique ignorent la signification des broderies, lesquelles sont d’ailleurs aujourd’hui plutôt influencées par la mode au même titre que la forme des encolures, l’ampleur des modèles.La broderie est un travail exécuté par les hommes. Avant que la machine ne s’installe dans les années 1960, les hommes brodaient à la main. Ces brodeurs étaient souvent issus de familles plutôt aisées ; les techniques de broderies étaient enseignées à l’école coranique.C’est un art fastidieux et difficile qui demande beaucoup d’attention et de dextérité. Le tissu à broder doit être maintenu bien tendu dans un cerceau pour éviter que le tissu ne fronce. Le brodeur dispose de fils de calibres et de qualités différentes, coton, synthétique, soie, et d’une large palette de couleurs. Le blanc et le beige sont les couleurs les plus demandées, le fil brillant est plus fréquemment utilisé pour les tissus des femmes.Les cérémonies de la vie privée et les fêtes telles celles de Ramadan, Tabaski, Noël et de fin d’année sont autant d’occasions incontournables de se montrer dans de nouveaux et beaux habits.

Alors vite je retourne à mon atelier même si aujourd'hui c'est dimanche,

........... Noël est dans 5 jours

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18 novembre 2009

Bonjour et Bienvenue à mes lecteurs

Ceci est mon premier message. Je suis couturier. J'ai 32 ans. Je suis originaire de Bobo-Dioulasso où je vis avec ma famille et où j'ai installé mon premier atelier de mode en 2002.

Je suis devenu couturier, on peut le dire un peu par hasard. Je fais partie d'une famille nombreuse. Mes parents m'ont confié à un oncle, comme cela se fait souvent en Afrique, pour que je puisse continuer d'aller à l'école..... Je me suis retrouvé en apprentissage chez un couturier. Je n'avais pas le choix et je regrette encore aujourd'hui de n'avoir pas pu étudier comme mes plus jeunes soeurs.

Après avoir appris l'essentiel de mon métier je suis retourné dans ma famille à Bobo. J'ai pu travailler dans un grand atelier de couture où j'ai commencé à m'intéresser à ce que je faisais et à voir que la clientèle m'appréciait.

Malheureusement mon patron est mort et tout s'est arrété. Je n'avais pas à cette époque la capacité à reprendre cette entreprise, ni mêmes les moyens. Je me suis retrouvé à coudre chez moi. Cela a duré plus d'une année et m'a semblé bien long.

En 2000, j'ai rencontré des personnes qui ont aimé mon travail et m'ont recommandé. J'ai pu construire mon atelier dans ma cour mais sur le bord de la rue pour être mieux vu des clients éventuels. Ma clientèle a augmenté doucement. Chez nous on ne fait des dépenses de vêtements que lorsque qu'on a assez mangé, qu'on a pu se soigner ou alors quand on fait la fête et heureusment il y a toutes les fêtes religieuses et les manifestations civiles.

En 2003, j'ai été invité dans un festival de cultures africaines en France où j'ai pu goûter au succès et m'apercevoir de l'attrait des étoffes africaines sur les européens.

J'ai depuis participé à d'autres expositions en Europe et à des rencontres africaines.

La suite prochainement.....

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